Jeudi 16 avril 2026, Arcachon
Histoire des villas de la ville d'hiver
Napoléon III signe un décret en 1857 pour la transformation d'un quartier de pêcheurs faisant partie de La Teste en une nouvelle commune appelée Arcachon. Les frères Pereire veulent rentabiliser la Compagnie des Chemins de Fer du Midi sur la ligne Bordeaux- Arcachon dont ils sont propriétaires. A partir de 1862 ils s'associent à Paul Régnault, leur neveu et ingénieur des Ponts et Chaussées pour réaliser la ville d'hiver .
Celle-ci est d'abord dédiée aux malades tuberculeux. Ce quartier est construit sur les conseils des médecins pour concevoir des rues courbes et ainsi faire barrage aux courants d'air. Son climat tempéré, l'air marin, les senteurs résinées de la forêt des pins devaient redonner santé et vigueur aux patients. La ville d'hiver se construit sur la dune, avec des matériaux acheminés par le train.
- Les briques viennent de Biganos, on les échange avec la résine.
- La pierre vient de la rive droite de la Garonne.
Plusieurs styles de villas vont se succéder :
- Les chalets Suisses, imités du pays de Bade, que l'on appelle architecture ferroviaire car elle ressemble à des petites gares avec leur soubassement en empierrement irrégulier.
- Le style des Fofolles, mélange de différents types d'architecture.
- Les modestes de moins de 2 étages.
(Dans les années 1980 on compte l'inscription de 240 villas sur les 360 construites.)
Peu à peu la ville d'hiver s'organise:
- Un casino est construit en 1863 avec un salon de lecture, des pistes de danse, une salle de spectacle. Il est inspiré de l'Alhambra de Grenade et de la mosquée de Cordoue. Détruit par un incendie en 1977, sa maquette permet de découvrir son aspect d'origine dans le parc mauresque.
- Inspiré du style hispano-mauresque, voici le gymnase-manège Bertini pour les exercices physiques et les leçons d'équitation des résidents (jusqu'en 1872), puis il devient un café. Aujourd'hui c'est la villa Toledo.
- Le bazar universel, unique centre commercial du quartier. On pouvait y louer du linge, de la vaisselle et aussi du personnel. Aujourd'hui la villa Monge.
- Le bureau de renseignements et location pour les villas de la ville d'hiver qui devient une pharmacie. Aujourd'hui la villa Antonina.
- La villa Moulin Rouge pour la location et la cantine des ouvriers.
- La bibliothèque de type hispanique, briquettes rouges et céramiques appelée Alexandre Dumas, grand dramaturge qui vient de mourir au moment de la construction de la villa .
- Chalets de location pour résidents : La villa Brémontier, avec 3 niveaux d'habitation et une tour pour l'escalier, la plus prestigieuse et la plus chère de l'époque. Les chambres des serviteurs sont sous les combles, celles des domestiques au sous-sol.
La villa Giroflé avec son mélange de styles gothique et renaissance, a profité de toilettes, salles de bain et chauffage à tous les étages.
On peut voir sur le portail d'entrée des représentations de pommes de pin, signe de prospérité et longévité.
Histoire du port d'Arcachon
Avant 1860 et l'arrivée des ostréiculteurs et la culture des huîtres, les activités économiques du littoral du bassin concernaient essentiellement la pêche et l'exploitation du goudron végétal pour le calfatage des coques de bateaux. Initialement constitué de quelques cabanons de pêcheurs, la région connaît un bouleversement majeur, le port se développe après la mise en service de ligne de chemin de fer Bordeaux-Arcachon et de la fondation de la ville d'Arcachon par l'empereur Napoléon III, puis de la station balnéaire prisée par l'aristocratie. Au début du vingtième siècle Arcachon était le second port de pêche française par l'importance de ses prises (après Boulogne). Détruite pendant la 1ère guerre mondiale, la flottille est rapidement reconstituée avec 35 chalutiers à vapeur ainsi que des morutiers.
Depuis la seconde guerre mondiale, la pêche industrielle et les industries de transformation ont complètement disparu. Arcachon est aujourd'hui un petit port de pêche artisanale qui compte revenir parmi les grands.
Dans le cadre du Salon Nautique des 17, 18 et 19 avril plusieurs bateaux étaient déjà arrivés au port dont le Styx (bateau militaire en activité), l'Etoile Molène (grand voilier), le Saint Christophe (goélette) . Nous n'avons pas vu la réplique grandeur nature du 3 mâts 'Santa Maria' de Christophe Colomb retenu au Portugal par une avarie.


